Développement personnel

Quand ne rien faire prend du temps!

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Notre temps est rythmé chaque jour par nos activités : travail, sport, tâches ménagères, repas, enfants, etc. Mais, à quel moment laissons-nous notre corps et notre esprit au repos en dehors de nos heures de sommeil? Donnons nous le droit de « ne rien faire », il parait que c’est bon pour la santé!

Que signifie « ne rien faire »?

Bien souvent associé à la feignantise, au « poil dans la main », il ne s’agit pas de procrastiner ou de rester toute la journée dans notre canapé. Non, le fait de « ne rien faire » est ici davantage défini comme un moment de lâcher-prise, un moyen de décompression, où le contrôle perd sa place de leader. L’idée est de ne pas prévoir d’action spécifique dans les minutes qui suivent, de se laisser porter par ce qui nous est présenté à nous, par nos pensées.

Parfois, ne rien faire, c’est aussi une façon de prendre soin de soi, Mario Morini

En quoi cela consiste-t-il donc ?

Commençons par nous asseoir ou nous coucher quelque part, à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est à chacun de trouver un endroit calme où il se sent bien. Ensuite, il s’agit de laisser aller nos pensées, tout comme la méditation. Nos pensées vont et viennent, passent du coq à l’âne, s’éparpillent, se mélangent, etc. Nous prenons ainsi le temps de laisser ces dernières vaquer sans contrôle de notre part, en les accueillant. Nous nous inscrivons alors dans l’ici et le maintenant, à l’écoute de nous-même, de notre fort intérieur. Cet exercice prend du temps car pour optimiser ses bienfaits, il est recommandé de l’intégrer dans notre quotidien. Quelques minutes par jour suffisent. C’est à chacun de trouver son moment.

Et que cela peut-il bien nous apporter?

D’après l’étude de Francis Eustache, neuropsychologue au CHU de Caen, « ne rien faire » permet au cerveau de gérer les informations qu’il reçoit. Chaque jour, nous enregistrons une masse d’informations. Le cerveau et nos fonctions cognitives, comme la mémoire, ont nécessairement besoin d’un temps de calme pour analyser, trier et intégrer ces informations. Sans cela, nous pouvons nous sentir en surcharge, fatigué(e) ou en baisse d’énergie.

Au delà des bienfaits neurophysiologiques, nous y gagnons en connexion à nous-même. Nous revenons sur nos pensées diverses et variées, en leur laissant la place d’exister. Nous écoutons ce qui se passe en nous avec bienveillance car nous prenons le temps de nous arrêter et d’y voir plus clair.

Quels freins avons-nous à « ne rien faire »?

Très souvent, nous préférons l’action, le mouvement à l’attente, à l’ennui. Ainsi, nous remplissons chaque moment par quelque chose à faire. Avoir un temps de pause, être face à nous-même peut révéler certaines peur, celle du vide, de l’inconsistance, etc. Via l’action, nous reprenons le contrôle, nous ne laissons pas place à l’imprévu, l’imprévu de nos pensées les plus profondes. De plus, nous nous identifions souvent à ce que nous accomplissons. Comme si nous avions besoin de faire pour être. Sans quoi, nous ne serions rien! Les croyances que nous avons à ce sujet vont induire un jugement sur le fait que prendre un temps à ne rien faire soit une bonne ou une mauvaise chose. Prendre conscience que cela est nécessaire, pour notre activité cérébrale et notre santé, est un levier qui nous aide à lâcher notre contrôle, nos croyances et notre jugement.

Donnons-nous le droit de prendre un temps de pause avec nous-même.

Janie Aschieri – Psychologue