Développement personnel

Aller à la rencontre de sa « zone d’ombre »

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Généralement, nous mettons en avant ce qui valorise l’image que nous avons de nous-même et que les autres ont de nous. Il arrive parfois que notre part d’ombre prenne les devants de la scène malgré notre désir d’être parfait. C’est alors qu’un sentiment de mal-être, de culpabilité peut être ressenti. Voilà pourquoi aujourd’hui, nous nous penchons sur cette « zone d’ombre » qui est en nous. Si elle existe ce n’est pas pour rien,  que nous révèle-t-elle?

Qu’appelons-nous notre « zone d’ombre »?

Ce sont les qualités que nous n’apprécions pas, les « défauts », les comportements excessifs, l’agressivité, les crises de colère, les phobies , les dépendances, etc. Chacun a sa propre « zone d’ombre », son propre « côté obscure » car nous sommes tous différents. Souvent, nous n’en sommes pas fiers, nous l’enfouissons, la cachons. Notre « zone d’ombre » englobe tous les comportements, paroles, pensées, que nous avons et que nous jugeons comme « mauvais ».

En psychanalyse, C.G. Jung définit la zone d’ombre comme étant « tout ce qui a été écarté de la conscience comme incompatible avec le moi ». C.G Jung parle de deux polarités qui composent chacun d’entre nous : l’ombre et la lumière. Dans la philosophie chinoise, tout ce qui existe résulte d’une dualité naturelle entre deux éléments complémentaires, indissociables, qui est représenté par le symbole du Yin et du Yang.

Les principes du Yin et du Yang

Le Yin et le Yang correspondent aux deux aspect d’un phénomène, tels le noir et le blanc. Leur complémentarité forme un tout, ici : l’ensemble des couleurs. Le Yin et le Yang sont interdépendants. C’est-à-dire que l’un des éléments ne peut exister sans l’autre. Il n’y a pas d’ombre sans lumière. De plus, ces deux éléments, comme tout ce qui existe, sont en évolution permanente et à la recherche d’un état d’équilibre. Ceci est appelé l’équilibrage mutuel. Nous pouvons le visualiser tel une balance qui a besoin d’être réajustée. Ensuite, se produit le phénomène de transmutation : les deux éléments se transforment mutuellement dans certaines conditions. Ils s’influencent l’un l’autre. Lorsque l’un bouge, un besoin d’adaptation se révèle. C’est ainsi que l’autre bouge aussi.

Dans cette approche, il ne s’agit pas de juger ce qui est bon, mauvais, ce qui est meilleur ou pire. Non! Il est question d’accueillir la complémentarité de deux choses, qui peuvent être perçues comme opposées, mais qui révèle la nécessité d’une existence conjointe. Voici quelques exemples :

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Que nous dit notre inconscient sur notre « côté sombre »

Grâce à notre inconscient, nous avons accès à toute une panoplie de symboles exprimant ce qui se trame en nous. Tout déséquilibre dans notre « Moi intérieur » est alors perceptible. Les maladies, les actes manqués, les lapsus, les comportements, la parole, les rêves, en sont les témoins. Ces signes sont des indices qui nous aident à comprendre notre mécanique, notre fonctionnement. Il est important de noter que l’inconscient agit de façons travesties, détournées, ce qui ne rend pas la tâche facile. C’est avec suffisamment de recul et de clairvoyance que nous pouvons décrypter ce qu’il vient exprimer. Parfois, l’aide de spécialistes est recommandée.

Accueillir sa « zone d’ombre », c’est emprunter le chemin de l’acceptation de soi dans son tout, pour trouver l’équilibre et l’harmonie de son Moi intérieur.

Pourquoi explorer notre « zone d’ombre »

« Rien est tout noir ou tout blanc », tout dépend de notre positionnement, de nos croyances, de notre posture, de ce que nous acceptons ou non. Nous avons appris depuis bien longtemps à juger ce qui est bon ou mauvais. Nous jugeons nos comportements, nos pensées, nos relations en fonction de ce que nous pensons être « bien » ou « mal ». Ceci a un impact sur l’image que nous avons de nous-même. Sommes-nous une « bonne » personne? Avons-nous « bien » fait?… Généralement, cela dépend des représentations sociétales dans lesquelles nous avons grandi, de cette conscience collective qui s’est imposée à nous depuis notre plus tendre enfance.

notre-ombreAujourd’hui, il s’agit de prendre suffisamment de recul, d’être à l’écoute de cette part de nous qui ne demande qu’à être reconnue et entendue. Avec cette soif de perfectionnisme et d’idéal, nous la juge souvent comme quelque chose de négatif, qu’il ne faut pas montrer. Se détacher de cela, c’est se libérer et se donner le droit d’être pleinement qui nous sommes. Si nous acceptons de vivre avec notre « zone d’ombre », si nous acceptons le fait que nous avons à apprendre de cette partie de nous, nous tendrons vers l’authenticité de notre être dans son tout.

Comment aller à la rencontre de sa « zone d’ombre »

Tout d’abord, il est nécessaire de se sentir prêt, de choisir le moment qui est le plus approprié selon nos besoins. En effet, il est parfois déstabilisant d’aller regarder toutes les facettes de notre être, notamment celles dont nous sommes peu fiers. L’état d’esprit dans lequel nous sommes est donc primordial.

Ensuite, l’idée est d’être attentive et attentif aux signes donnés par notre inconscient. Pour se faire, nous pouvons nous aider de notre « pilote automatique« . Il s’agit de s’observer et de prendre note de ce qui se passe en nous, de façon récurrente, dans les situations qui induisent un mal-être personnel (culpabilité, honte, tristesse, colère, etc.).

En faisant cela, nous nous regardons dans un miroir, sous toutes les coutures. Si nous considérons qu’un « défaut », qu’une « imperfection » identifiée fait parti de notre tout et que nous voulons continuer à vivre avec, alors il nous faudra l’accueillir et accepter que nous puissions par moment être comme ceci ou comme cela. A l’inverse, lorsque quelque chose ne nous convient pas, donnons-nous les moyens de changer ce que nous pouvons changer. Certains traits de personnalité sont le reflet de personnes de notre entourage, notamment nos parents. Sommes-nous obligé(e)s de continuer à reproduire cette façon d’être ou décidons-nous de couper et de laisser ce qui ne nous appartient pas ? Faire preuve d’empathie envers soi-même permet de faciliter ce travail. Nous n’avons pas à être parfait ou à correspondre aux attentes dictées par nos apprentissages ou notre environnement. Nous nous devons d’être nous-même pour trouver l’harmonie de notre être.

Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au delà des imperfections, Aristote

Janie Aschieri – Psychologue


Gyatso, T. (2014). Se voir tel que l’on est, Points.

Gyatso, T. et Cutler, H. (2013). L’art du bonheur dans un monde incertain, Paris, Editions J’ai lu.

Hauvette, D. (2014). Vivre avec ses émotions et celles des autres, Broché.

Salomé, J. (2003). Le Courage d’être soi : Une charte du mieux-être avec soi-même et avec autres, Pocket.

Seligman, M. (2012). Changer, oui c’est possible, Travailler ses forces, accepter ses limites, Broché.