Développement personnel

Quand la dépendance mène la danse

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Échappatoire, béquille, défouloir… La dépendance est un processus qui touche la plupart d’entre nous. La drogue, l’alcool, les jeux vidéos, le téléphone, l’alimentation, l’amour, le sexe… La dépendance peut revêtir des formes auxquelles nous n’aurions pas pensé. Que vient-elle vraiment exprimer ? Pourquoi avons-nous tendance à développer des dépendances ?

Que signifie « être dépendant » ?

En psychologie, nous retrouvons la notion de dépendance sous le terme d’addiction. Elle représente le fait d’avoir besoin de quelque chose ou de quelqu’un pour se sentir bien. Chez le dépendant, ce besoin est associé à la mise en place de comportements et de schémas de répétition et de compulsion. En addictologie, nous entendons souvent « c’est comme si cela était plus fort que moi, je ne peux pas faire autrement ». Ce comportement compulsifs qui nous fait « replonger » est appelé le « craving« , il est au cœur du processus de dépendance. Ainsi, quelques soient les effets sur notre santé physique ou mentale, nous continuons à reproduire les mêmes comportements de dépendance.

Il est important de ne pas dissocier les effets physiques des psychiques quand il s’agit de dépendance. En effet, l’un l’autre s’influence mutuellement. Lorsque nous pensons avoir besoin de quelque chose, notre corps prend le relais et agit. De même, lorsque notre corps vit ou ressent quelque chose, des pensées et des émotions y sont associées. Le cercle vicieux de la dépendance est complexe car tout notre être est concerné, notre cœur, notre corps et notre esprit.

La dépendance est un processus nocif, exponentiel, où nous nous égarons.

La réalité du dépendant

Lorsque nous sommes dépendants, nous adaptons notre mode de vie à cette dépendance. Nous perdons le contrôle de notre corps et de notre esprit au fil du temps. Ainsi, quand la dépendance est forte, nous pouvons nous éloigner de la réalité et de notre entourage, ne vivant qu’à travers notre dépendance. Nous sommes incompris par nos proches car ils n’ont pas la même vision que nous. En effet, notre perception de choses changent, nous accordons plus d’attachement au plaisir que nous apporte notre consommation ou le comportement en question, qu’aux méfaits que cela nous procure. Les effets nocifs sont alors relégués au second plan, ce qui est souvent incompréhensible par notre entourage, qui lutte pour nous faire entendre raison. Très souvent, nous ne nous rendons plus compte à quel point notre entourage est lui aussi touché par notre dépendance.

Pourquoi devenons-nous dépendant ?

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L’environnement dans lequel nous avons grandi laisse une emprunte sur la vie que nous menons aujourd’hui, expliquant certains comportements, comme la dépendance.  Si l’un de nos parents était dépendant affectif, nous avons pu apprendre à aimer de cette façon. Si nous avons vécu avec quelqu’un qui fumait ou buvait, ce comportement a pu être banalisé et imité. Lorsque nous reproduisons un schéma familiale, nous parlons de ce qui se « transmettre » de génération en génération, le  transgénérationnel.

De plus, la dépendance est très souvent en lien avec la notion de manque, de vide. En effet, elle vient combler ce qui est ou a été manquant pour nous. Peut-être avons-nous vécu un moment, une période, où nous avons manqué de quelque chose : d’amour, d’attention, de respect, etc. Face à ce manque, nous avons dû nous protéger, nous préserver. Trouver un substitut à ce qui est manquant est rassurant. Cela permet de contenir la souffrance que nous avons pu ressentir auparavant. Au fil des années, nous mettons tout en place pour ne pas être de nouveau confrontés à ce manque, qui a pu être insupportable. S’échapper dans la dépendance nous permet de fuir la réalité que nous vivons ou que nous avons vécu. En étant dépendant, nous ne pas laissons pas place au vide, mais n’est-elle pas un leurre?

Si nous n’enlevons pas la racine, la mauvaise herbe repoussera

QUE FAIRE POUR RETROUVER SA LIBERTÉ ?

Le premier pas est de prendre conscience de notre dépendance et de la place qu’elle occupe dans notre vie. De plus, il s’agit de mettre en lumière les méfaits que cela nous procure, que ce soit l’emprunte sur notre corps, au niveau psychique mais aussi dans notre sphère sociale. Ecrire, mettre des mots sur ce que nous vivons, en parler et accepter de se faire aider, est l’entrée en matière d’une démarche de guérison.

Une dépendance n’est pas un comportement anodin. Inconsciemment, nous avons mis en place cela car nous en avons eu besoin pour nous « sauver », pour ne pas trop souffrir. De nombreux thérapeutes accompagnent les personnes dépendantes afin de comprendre pourquoi elles en sont là, qu’est ce qui s’est joué dans leur vie pour que la dépendance soit devenue nécessaire. En comprenant pourquoi ce processus nous a été utile à un moment précis, nous pourrons nous en séparer. C’est ainsi que nous retrouvons notre liberté, avec autonomie et non dépendance.

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Janie Aschieri – Psychologue